Quoi de mieux que de visiter le Vercors par les arêtes … Massif connu pour ses grands plateaux, il possède également de grandes falaises … !
Afin d’initier Maxence, un ami, à l’alpinisme, j’ai choisi une petite course d’arêtes, bien vertigineuse, et avec en prime un petit rappel … Beau programme ! Nous sommes donc partis sur les arêtes du Gerbier, une des trois courses d’initiation d’arêtes autour de Grenoble. C’était la troisième fois que je me rendais ici. Pour Maxence, c’était sa deuxième fois en alpinisme, en réalité, mais la première course avec du gaz…
Avant de s’élancer, il est important de préciser que c’est une course que je connaissais, et que mon pote avait déjà des notions d’alpinisme, pas de vertige, etc … Il s’agit d’une course d’alpinisme et non pas d’une simple randonnée.
Sommaire
Itinéraire
Se garer au parking des Glovettes (alt. 1160 m)
Une bonne technique, pour ne pas se perdre sur le parcours, est de suivre les rayures de crampons sur les rochers, laissées par les personnes qui le font en hiver.
Voir aussi la description du parcours sur camp to camp :
https://www.camptocamp.org/routes/54152/fr/gerbier-traversee-des-aretes
Les arêtes du Gerbier
Grand soleil de prévu, c’est parfait la météo est au rendez-vous, en effet un environnement humide rend cette sortie beaucoup plus dangereuse…
Parlons maintenant matériel :
Il s’agit d’une course d’arêtes, avec une première approche en randonnée, et ensuite un petit couloir à remonter afin d’atteindre l’arête, et d’une descente en rappel de 20 m environ.
Pour la corde, nous sommes partis sur un brin de corde à double, que nous avons doublé afin d’avoir deux cordes entre nous. Cela est plus sécuritaire, car les rochers au niveau des arêtes sont très abrasifs, et une chute peut amener à sectionner la corde.
Ensuite, nous avons pris 12 dégaines, 8 sangles de 120 et 3 coinceurs cam (0,75, 1 et 2). Bien évidemment prévoir de quoi se vacher, de quoi descendre en rappel (Reverso par exemple, cela permet aussi d’assurer lors de la montée dans le couloir suivant l’appréhension de chacun), et un baudrier et un casque.
On prend 3 L d’eau chacun, un petit coupe-vent si besoin, une trousse de sécurité, de quoi manger le midi, un peu de crème solaire, et surtout, le matériel nécessaire pour la course, que j’avais minutieusement préparé.
On part du parking des Glovettes (alt. 1160 m), en suivant ensuite le balisage GR en direction du refuge de la Fauge et du Pas de l’Oeille.On commence par une petite randonnée dans les sous-bois, puis on retrouve une petite piste forestière, et ensuite on repart de nouveau, en plein sur les arêtes que l’on voit déjà.
On arrive à une petite clarière, ne pas se tromper ici et ne pas suivre le chemin qui monte dans les sous-bois ! Il faut continuer vers la droite, en restant au niveau de la clarière, et suivre le chemin, à un moment on s’enfonce dans les sous-bois, et l’on commence à monter avec des petits lacets. Ça monte raide dans le sous-bois (En comparaison du début), on arrive ensuite à un petit pierrier, facile à passer, puis on arrive à une bifurcation, au pied d’une petite falaise. Il faut ici prendre à droite, et suivre le chemin sur 200 m environ, et ensuite …. On sort du chemin balisé !
En effet on voit d’ici la faille, et donc le début de la sortie d’alpinisme. Pour se rendre au début, pas vraiment de chemin, il faut monter droit dans le pentu ! Les plus précautionneux pourront prendre leur casque avant cette partie, car une chute est possible.
Une fois au pied, après 1h30 depuis le parking, il faut maintenant s’encorder, je pars en tête avec l’ensemble du matériel, les anneaux de cordes sont de mon côté, on est en corde tendue, longueur de 12 m environ entre nous.
La montée est bien équipée, 2 pas en 4A, et 2 pitons en place. Si besoin il est possible de rajouter des sangles, et il y a quelques pas un peu lisses dans les premiers 30 m.
Il faut ensuite suivre le chemin, le plus simple est de suivre les traces de crampons sur les rochers, et de chercher à monter au plus simple … !
On arrive ensuite sur une pente herbeuse qu’il faut remonter jusqu’à la brèche.
Nous voici enfin à la double brèche, après environ 1h de montée, nous avons pris notre temps.
Vue magnifique sur Grenoble, sur le plateau du Vercors, et sur les arêtes que nous allons parcourir !
Il nous reste une dernière montée afin de cheminer presque uniquement à l’horizontal : 30 m d’escalade environ en 3b, sur du bon rocher.

Pour la longueur de corde, nous avions 12 mètres environ, ça permet de progresser assez rapidement, avec la corde relativement tendue et avec également des points entre nous, principalement des béquets, des sangles, et quelques coinceurs de temps en temps.
Suivant le niveau de la cordée, il est parfois possible d’esquiver quelques passages, en prenant un peu en contrebas.
Nous arrivons au passage le plus connu de cette course : le rasoir. Visuellement impressionnant si on a le vertige, il reste assez simple à sécuriser, et il y a de bons pieds, de bonnes mains, il se fait très bien !

On continue ensuite de nouveau en suivant l’arête, belle balade. Vers la fin, les rochers pointus laissent la place à des rochers plus plats, plus lisse, et à un dôme sur le sommet.
Il y a deux split à ce niveau, donc l’ensemble est bien sécurisé, cependant suivant la sensibilité au vertige de chacun ce passage peut être difficile à passer …
En effet, au niveau du rasoir, il est possible de mettre ses mains, c’est moins évident sur le dôme !
La solution prise par mon pote n’est pas la plus élégante, mais permets de passer la difficulté en toute tranquillité !

On continue ensuite un peu le long, et on arrive rapidement à un petit chemin qui part sur la droite. En suivant ce chemin, on peut voir un cairn de loin, qui indique l’emplacement du rappel. Il y a deux rappels de possible, suivant si l’un ou l’autre est déjà pris par une autre cordée.
3 heures de passées sur les arêtes, nous avons pris notre temps…

Il fallait encore avoir un peu de jambes pour rejoindre le chemin en partie basse, 25 minutes environ, et il est préférable de garder le casque pour cette partie …
Une fois le chemin de randonnée récupéré, on peut ensuite redescendre à la voiture, environ 1h20, une belle journée de finie !
