Jour 1 : de Sallanches aux chalets de Doran
3,1 km, 527 m D+, 0 m D-
Une partie du groupe part de Grenoble, une autre d'Aix les Bains. On se rejoint le matin à la gare de Sallanches. Avec Cléo on était dans le bus, on avait pris son Maxi-cosi. Elle a fait sa sieste du matin au cours du trajet. Le groupe d'Aix les Bains nous rejoint en voiture, c'est un peu de la triche, mais nécessaire car une partie du groupe contournera l'étape 2, trop technique avec un bébé. La voiture nous permet aussi de nous amener jusqu'au départ de la randonnée, au parking de Burzier.

On est les premiers déposés au parking avec Juliette et Cléo, pour avoir le temps de la faire manger. La voiture repart chercher ceux qui sont encore à Sallanches. On s'installe dans un coin d'herbe où elle peut jouer après son repas. On pique nique ensuite avec le reste du groupe quand ils nous rejoignent, puis on commence la montée. On avait déjà fait un test de randonnée avec Cléo dans le sac a dos porte bébé. Ca s'était bien passé elle avait réussi à faire sa sieste, et l'expérience s'est confirmée pour ce début de randonnée. Elle s'est rapidement endormie dans mon dos. On arrive assez vite aux chalets de Doran, dans un vallon magnifique.

Cléo voit ses premières vaches du séjour, les premières depuis qu'elle sait que la vache fait "Beeeeeeu" (je cite). On est arrivés en début d'après-midi, on a du temps. J'en profite pour aller faire une sieste a l'ombre d'un arbre.

Cléo et les autres vont voir les vaches dans l'étable où elles se font traire, la chapelle à cote du refuge, puis des vaches un peu plus loin sur le chemin mais on ne reste pas longtemps car on se fait attaquer par les taons. Le repas du soir est délicieux. On a notre chambre juste a nous pour la nuit. C'est mieux car la première nuit est compliquée pour Cléo.
Jour 2 : Des chalets de Doran au refuge de la pointe percée
9,66 km, 134 9m D+, 686 m D-
on se sépare en deux groupes le lendemain matin. Hélène Juliette et Cléo repartent en direction du parking pour contourner l'étape, tandis que nous partons avec les autres en direction du col des verts. On voit le premier chamois du périple dans la montée! La gardienne du refuge nous avait prévenus que c'était très raide et que le chemin s'était dégradé depuis. Elie et Gabie sont quand même venus pour l'itinéraire par le col, malgré leur vertige, en se disant que s'ils n'essaient pas de le combattre aujourd'hui ça ne s'améliorera pas dans le temps. On pique nique en haut du vallon, au col de Doran, sur la crête. La vue sur le Mont Blanc est magnifique.

Elie et Gabie commencent a souffrir de leur vertige. Sans surprise la suite de la marche a été compliquée, ils mettaient les mains sur les rochers des que possible, nous demandaient systématiquement s'ils pouvaient poser les pieds. Quand soi meme on n'y est pas sensible, c'est dur d'imaginer ce que peut ressentir une personne sujette au vertige tant qu'on n'a pas partagé un moment comme celui ci.

Mais le plus dur restait a venir : sur l'une des parties les plus vertigineuses, on croise un vieux bouquetin allongé sur le chemin, qui n'a pas l'air de vouloir bouger. D'habitude on est content de voir des bouquetins mais celui ci ne nous arrangeait pas trop. Un couple marchant dans le sens inverse, venait de contourner le bouquetin par le dessous. On décide d'en faire de même.

On y est allés tout doucement, en se tenant aux rochers, en se tenant ma main, parce que la roche était friable.

Les derniers mètres sur la crête du col des verts n'étaient pas les plus difficiles mais Elie et Gabie n'en pouvaient plus.

Heureusement que le mont blanc, si imposant, était là pour réconforter le groupe, et que de l'autre côté du col, le toit brillant du refuge nous annonçait que la fin de l'étape était proche.

On arrive assez tot au refuge. Je pars a la rencontre de Juliette Cléo et Hélène qui ont contourné l'étape en voiture et remontent vers le refuge depuis le col des Annes. Je les rejoins assez vite, pensant aider Juliette pour porter Cléo, mais elle préfère finir seule. Cléo dort. La soiree au refuge est très agréable. Au coucher du soleil, on voit plein de Bouquetins autour du refuge. Cléo est dans tous ses états. Ça lui donnera de la matière pour ses rêves, car elle dort bien cette nuit dans le dortoir.

Jour 3 : Du refuge de la pointe percée au Chinaillon
9,50 km, 84 m D+, 955 m D-
Le matin, on part faire un aller retour jusqu'à la pointe de Carmélite sur conseil des gardiens du refuge. C'est très carstique, avec de grandes crevasses dans la roche, mais pas vertigineux sauf quand on s'approche de la pointe.


On ne va d'ailleurs pas jusqu'au bout, on en a assez eu la veille, puis j'ai Cléo dans le dos maintenant. De retour au refuge, on récupère nos sacs et partons en direction du col des Annes. J'avais réservé pour le repas de midi dans l'un des trois restaurants qui proposent les beignets aux pommes de terre typiques du coin. Depuis la terrasse on distingue une partie du refuge de la pointe percée d'où l'on vient. La tole du toit, qui brille en réfléchissant le soleil, crée un point lumineux entre la montagne verdoyante à l'aval du refuge, et les falaises calcaires blanc nacré au dessus.

Cléo s'était réveillée peu de temps après notre arrivee au restaurant, on a l'impression qu'elle dort vraiment plus facilement dans notre dos quand on marche que immobile. Après le repas, une partie du groupe écart en marchant tandis que Juliette et Cléo repartent avec la voiture laissée par Juliette la veille sur le parking du restaurant. Dans les chemins qui descendent au Chinaillon, qui sont sur les pentes qui servent de piste de ski l'hiver, on a l'impression d'être a la Mecque du VTT électrique. Il faut dire que le coin s'y prête bien, ça donne envie. Quand on arrive à l'hôtel au Chinaillon, on retrouve ma mère, mon père, Louis et Naomi, qui nous ont rejoint pour la suite de l'itinérance. Ils sont content de nous voir, mais bien évidement la star ça reste Cléo, en toutes circonstances et même encore plus dans le cadre de cette aventure.

Ma mère a pris soin d'inviter René, son compagnon de sortie ski de randonnée dans les Aravis. Je le rencontre pour la première fois apres avoir énormément entendu parler de lui par ma mère. Je suis content de pouvoir enfin mettre une tête sur son nom, et d'entendre toutes les histoires qu'il a a nous raconter. René est de Thones, il a été guide, est allé au sommet du Mont Blanc une trentaine de fois, a essayé a peu pres tous les sports de montagne, a monté un club lecture sur Annecy qui organise des rencontres avec les auteurs, organise des concerts au refuge de Larrieux en faisant monter un piano a queue. Bref, on ne s'ennuie pas ! On mange le soir à l'hôtel, c'est tres bon, et on ne lésine pas sur le vin.
Jour 4 : Du Chinaillon à Entremont
13,9 km, 657 m D+, 1177 m D-
On passe à la boulangerie le matin pour prendre des viennoiseries et les sandwichs du midi, puis partons direction le lac de Lessy. On fait une courte pause a la ferme de Samance pour acheter deux reblochons. Arrivés au lac on décide de faire le tour par le nord plutôt que par le sud pour aller manger au bord du lac.


Il y a des nuages donc on n'a pas chaud. On repart ensuite direction le col de la Forclaz pour entamer la redescente. Et là surprise, on croise Christophe et Véronique, des amis a mes parents qui viennent régulièrement a la Clusaz, auxquels j'avais secrètement demandé de nous rejoindre. Mon père est super content de retrouver son grand copain. A la descente on s'éparpille un peu entre les plus rapides et les moins rapides. Avec Cléo sur le dos je ressens bien le dénivelé négatif dans les quadriceps.

Arrivé tout en bas, au parking, 2 voitures nous attendent. Il y a celle d'Olivier le père de Juliette qui nous a rejoints pour la nuit. Il as son bras en écharpe donc n'a pas pu venir cette année pour la randonnée. Et il y a la voiture de Christophe et Veronique. Il y a assez de place pour tous, sauf deux personnes : ce sera Cléo et moi. Nous sommes donc les seuls à continuer à pied jusqu'a l'auberge des monts, où nous passerons la nuit ce soir, au fond de la vallée. Cléo est réveillé, alors on chante des chansons, et puis, je remarque qu'elle a vraiment l'œil pour les vaches maintenant. C'est meme souvent elle la première à les voir, elle crie "Beuuuuu" dès qu'elle les aperçoit. On arrive donc à l'auberge, en dernier. Quand je vois le ruisseau qui coule à côté, j'y vais avec Cléo. J'ai chaud, donc je laisse Cléo dans le sac sur le bord, me déshabille et m'immerge quelques secondes dans l'eau glacée. Ça fait du bien, mais Cléo proteste un peu. Elle n'aime pas quand on s'arrête. Pour le repas du soir à l'auberge, nous sommes rejoints par les Vincent, d'autres copains de mes parents. Je salue les Vincent qui ont sacrifié une soirée de Ligue des Champions du PSG, leurs clubs fétiche, pour venir nous dire bonjour. Nos hôtes nous réservent un très bon accueil, mais nous ne tardons pas trop car nous sommes très fatigués après cette journée.
Jour 5 : D'Entremont au refuge de Larrieux
2,9 km, 720 m D+, 0 m D-
Le lendemain, nous devions poursuivre a pied depuis l'auberge, direction Thuy par le col de la Buffaz, mais affaiblis mentalement par la présence de toutes ces voitures, nous décidons d'aller sur le parking le plus proche du refuge de Larrieux et d'aller y manger le repas de midi. Ma mère connait bien le refuge et son gardien Albert. Elle nous fait monter par son itinéraire secret qui ne figure pas sur les cartes.

La montée au milieu de la foret est raide, et difficile pour Louis qui est mamade depuis quelques jours. Il fait des pas tellement petits qu'on dirait qu'il joue à "Chou-fleur-Chou-fleur" pour savoir qui sera le premier a choisir un joueur dans son équipe. Mais malgré tout il tient bon jusqu'au refuge, où nous commandons à manger pour le midi. Après son repas, on laisse Cléo ramper dans l'herbe au milieu des crottes de poules, et manger des cailloux, le pied. Elle a trouvé un copain du meme âge, légèrement plus mobile qu'elle. Il est venu avec son père, et son grand frere de 4 ans qui a fait la montée au refuge en 2h.

Avec Juliette et Cléo, nous décidons d'y passer la nuit. Nous n'avions pas réservé mais il restait de la place. Finalement nous serons même seuls cette nuit, puisque le groupe qui avait réservé à annulé au dernier moment. Quand les autres repartent, je pars à la pointe de Talamarche pour voir la vue sur le lac d'Annecy. Seul et silencieux, j'ai la chance de voir un chamois.

Juliette a préféré rester au refuge avec Cléo pour sa sieste de l'après midi. Quand plus tard on va voir les vaches à côté du refuge, je remarque que les vaches et Cléo doivent partager le même mélange de curiosité et de peur entre elles. On passe un super moment le soir au refuge, avec les filles qui y travaillent pour l'été, puis dans le dortoir qu'on a pour nous tous seuls, ou Cléo peut ramper à sa guise.

Albert le gardien est redescendu cette nuit. On veille un peu pour voir s'il y a des feux d'artifice ce dimanche 13 juillet mais ils ont tous été tirés la veille.
Jour 5 : Du refuge de Larrieux à Menthon-Saint-Bernard
2,9 km, 0 m D+, 720 m D-
Apres le petit déjeuner au refuge, on descend pour le parking a l'heure du debut de la sieste de Cléo, comme tous les jours. En voiture, on s'arrête acheter du reblochon à la cooperative de Thones, le passage obligé du coin. Puis on va a Menthon Saint Bernard pour profiter de la plage avec Cléo. Il fait chaud, l'eau est tres belle, on peur prendre le temps. C'est parfait pour clore en beauté cette belle traversée des Aravis.

Avec le recul, les voitures qu'on a eu du debut a la fin ont quand même un peu gâché l'effet magique de l'itinérance. On aurait été tout a fait capables de la faire 100% a pied avec Juliette et Cléo. Il aurait juste fallu contourner le col des Verts, trop dangereux, pour passer par le passage de la grande Forclaz. On le saura pour la prochaine fois, ou le prochain enfant, qu'on en est capables. J'aurais aussi bien aimé qu'on finisse tous ensemble, pour profiter du lac avec les autres. Malgré tout, ils me l'ont répété a maintes reprises : cette traversée, ça les Aravis (j'étais obligé).

