Cet été, comme souvent, on a prévu la traversée d’un massif en randonnée. Cette fois on part sur les Bauges, qu’on connait très bien du côté de ma famille puisqu’on a appris à skier au Margériaz, et fait énormément de sorties ski de fond sur le plateau du Revard – la Féclaz. Comme l’année dernière, je prévois tout mais donne à nos familles le minimum de détails pour laisser le maximum de surprises, et cette année, j’ai prévu de mettre le paquet !
Seules ombres au tableau : ma mère se fait une grosse rupture des ligaments du genou et de la cheville trois mois avant, et je me casse la clavicule deux mois avant. C’est un peu juste, mais le jour j on est suffisamment en forme pour la rando. Par contre, je ne peux pas porter de sac. Les autres porteront mes affaires, le grand luxe. Heureusement, pas besoin de tente ni de sacs de couchage car nous serons en refuges cette année.
Sommaire
Infos pratiques
Itinéraire
Jour 1 : Des Déserts aux Aillons
12,8 km / 820 m D+ / 760 m D–
Avec Juliette, ses parents, et ses frères Louis et Elie, on prend le train vers Chambéry, puis le bus le vendredi matin à la gare de Chambéry, en direction des Déserts. La conductrice du bus explique à chaque personne qui monte dans le bus, pendant une bonne minute, qu’il vaut mieux prendre un carnet de 6 tickets, à 15€, plutôt que des tickets à 6€ l’unité. Et même si la personne juste derrière dans la queue a déjà tout compris puisqu’elle a entendu l’explication plusieurs fois grâce aux personnes de devant, elle répète ! Résultat : on part avec quelques minutes de retard mais ce n’est pas grave, on a bien rigolé d’entrée : cette conductrice c’est un sacré personnage et on sent qu’elle a du plaisir à faire son travail. On s’est donné rendez-vous aux Déserts à 9h30, avec ma mère, mes sœurs Diane et Lou-Anne, et Titouan le copain de Diane. Mon père et Esteban, un copain, nous accompagnent pour le premier jour. Le temps de répartir quelques affaires entre les sacs et d’immortaliser le départ en faisant quelques photos, puis on part en direction du col de la Verne, point culminant de la journée. Sans sac, je deviens rapidement l’attraction du premier jour : « Ça va, pas trop lourd ? », « N’oublie pas ton sac », et d’autres punchlines que j’ai oublié, surtout de la part de Titouan qui n’y va pas avec le dos de la cuillère. Pas gêné le jeune, mais ça ne me dérange pas, au contraire.

En montant dans la foret, on voit un chamois qui descend, à 50 m de nous. On espère que c’est le premier d’une longue liste !
En haut, on s’approche des belles falaises qui entourent le col de la Verne. Esteban me parle du Golet de l’Agneau, par lequel on aurait pu passer pour monter depuis la Féclaz, ça avait l’air super beau mais pas bien indiqué sur la carte IGN. On ira une prochaine fois.

On mange tous ensemble puis on fait nos adieux à Esteban et mon père qui redescendent d’où on vient, alors qu’on continue en direction des Aillons. En regardant en direction d’où on ira les jours suivants, on voit les arrêtes montagneuses escarpées, orientées nord sud, du massif des Bauges. C’est ce relief qui fait qu’on a pas mal de dénivelé prévu. Le dénivelé de chaque jour, c’est une des seules choses que j’ai annoncé à l’avance à tout le monde, pour qu’ils soient prêts psychologiquement.

En descendant, on suit le chemin le plus direct qui n’est pas le GR principal. Il a beaucoup plu ces dernières semaines donc les plantes on bien poussé, le chemin disparait par moment sous les feuilles. On reste au fond du goulet, là où le chemin est indiqué sur la carte.

On ressort de la foret à Aillons-le-Jeune. Bien qu’il y ait une route et des chalets, on sent que ça y est, on est au cœur de la montagne. On marche encore quelques kilomètres sur le chemin au bord de la route, en direction de l’auberge. Hélène fait du stop, c’était tentant il faut l’avouer. Du coup je dois lui dire avant les autres où on dort ce soir. Elle arrive avant nous à l’Auberge d’Aillons et d’Ailleurs, elle est donc la première à être surprise du luxe dans lequel on sera pour cette première nuit, surtout quand la dame à l’accueil lui dit qu’elle peut nous attendre au spa. Quand les autres arrivent et voient l’hôtel, on dirait que c’est noël. Tout le monde s’attendait à dormir dans des conditions rudimentaires les trois nuits de la traversée. Pour le bien des autres clients, on prend une douche dans nos chambres avant de descendre au jacuzzi et à la piscine.

Le soir, on mange à la crêperie du phare, qui fait des crêpes et plein de plats délicieux, puis on se retrouve dans notre chambre pour des parties d’échecs et de mikado.
Jour 2 : Des Aillons au chalet du Drizon
21,7 km / 1450 m D+ / 750 m D–
Le lendemain matin, on se régale au petit déjeuner de l’hôtel avant de nous séparer en deux groupes : ceux qui partent à pied, et ceux qui attendent Nanou, la grand-mère du côté de la famille de Juliette, qui nous rejoint en voiture pour la journée. C’est l’occasion de se voir et d’éviter un peu de marche pour une partie du groupe. J’appréhende un peu les kilomètres et le dénivelé de ce jour et du jour suivant.
On se retrouvera le midi à Ecole pour manger. Ma clavicule ne m’a pas fait mal la veille donc je pars avec le groupe qui marche, en direction du col de la Fullie.

On arrive à midi pile au lieu de rendez-vous à Ecole, quelle organisation ! On achète un gros pain à la boulangerie, pour le pique-nique du lendemain, puis on mange des salades Bo Bun, des nems et rouleaux de printemps à Crok’Nem, qui ouvre juste pour nous. On mange devant l’école d’Ecole, juste à côté, puis on fait deux allers retours avec la voiture de Nanou jusqu’au parking du Nant Fourchu, pour éviter de faire cette partie à pied.

Il est 14h quand on commence l’ascension en direction du Chalet du Drizon. On marche vite pour rattraper le premier groupe, celui des parents et de Nanou, qui a pris de l’avance. Comme la veille, c’est un chemin qui s’est fait recouvrir par la végétation, avec quelques troncs au milieu. Ça nous inquiète un petit peu parce que Nanou, avec ses 83 ans, fera le retour seule jusqu’au parking. Mais elle est venue marcher à condition que personne ne s’embête à faire le retour avec elle jusqu’au parking. Sinon elle ne venait pas, une forte tête cette Nanou. On rattrape le groupe des parents qui a fait une pause. Nanou va faire demi-tour seule, mais pas totalement : on est rassurés de voir que beaucoup de traileurs font le chemin dans l’autre sens.
Le chemin continue dans la forêt, ça grimpe fort. Diane, ma petite sœur diabétique, fait des hypoglycémies à la chaine. Elle doit se gaver de barres de céréales et pâtes de fruits pour remonter sa glycémie, la pauvre, ça m’écœure rien que de la voir faire. C’est plus doux quand on ressort de la forêt, au niveau du col du haut four. On voit le col du Drizon, point culminant de la journée, qui n’est plus très loin. On voit aussi la pointe de Chaurionde, qu’on fera demain. Mais je garde le secret pour le moment.

On profite de ce cadre magnifique en suivant le chemin escarpé jusqu’au col du Drizon.

De l’autre côté du col, on voit notre chalet juste en dessous et son cadre de rêve.

Le soleil commence à passer derrière le col donc on va vite nous laver à la source à côté du chalet, en prenant le soin de remplir nos bouteilles et de nous éloigner de la source pour ne pas polluer l’eau en nous lavant.
On retourne au chalet, où quelques minutes plus tard, le berger, Yves, envoie ses chiens chercher le troupeau de chèvres. Quand elles arrivent au chalet, le berger et sa fille commencent la traite, à la main. On les accompagne pour voir comment ils font. Ma mère met la machine à questions en marche, on apprend plein de choses. Certains d’entre nous essayent de traire, c’est pas évident. Pendant ce temps, Louis, pas très à l’aise à côté des patous, prépare le repas, qu’on complète avec du fromage de chèvre acheté au berger. Titouan fait la vaisselle pour tout le monde après le repas, il marque des points !

On pose encore plein de questions à Yves, sur les loups, les patous, le dressage des chiens. On apprend beaucoup de choses c’est passionnant. Il nous raconte pas mal d’anecdotes, comme la fois où un touriste lui a demandé s’il parlait français, qu’il a fait mine de connaître juste quelques mots ; la fois où TF1, venus l’interviewer, lui demande s’il aime voir des gens, qu’il répond « oui, certains plus quand ils arrivent, d’autres plus quand ils partent » ; quand il nous dit qu’il trouve fou l’état dans lequel se mettent les traileurs, que si on leur demandait d’en faire le quart au travail ils se mettraient en arrêt.
On part se coucher un peu plus tard que prévu, on ne voulait pas perdre une miette des histoires d’Yves. Diane doit encore manger quelques bonbons crocodiles pour faire remonter sa glycémie. Demain, la plus grosse journée nous attend.
Jour 3 : Du chalet du Drizon au refuge de la Combe
19 km / 1350 m D+ / 1430 m D-
On se lève tôt le matin pour avancer vite dans cette longue journée, où nous marcherons 19 km pour 1350 m de dénivelé positif et 1430 m de dénivelé négatif, c’est juste énorme pour certains du groupe. Titouan prépare une tisane très sucrée pour Diane et la met dans une bouteille. Ça lui fera une sorte d’Ice Tea pour la journée, pour pouvoir remonter sa glycémie sans se gaver de pâtes de fruits.
Premier objectif de la journée : la pointe de Chaurionde, point culminant des 4 jours. On démarre l’ascension dans la brume, il fait frais, les sommets se découvrent peu à peu. J’adore cette sensation.

Au loin, on voit quelques chamois quand les nuages se dégagent. On passe au-dessus des nuages en arrivant au sommet.

Pour la première fois, on voit le lac d’Annecy, et les falaises de la pointe d’Arcalod, sommet des Bauges, juste en face.

A la descente, on croise quelques groupes qui sont montés en passant par le col d’Orgeval. On descend à bonne allure jusqu’à ce qu’on croise un troupeau de chèvres.

Elles sont accompagnées par des « bons » patous, enfin c’est ce qu’on en déduit grâce à ce que nous a appris Yves : les bons patous restent juste à côté des chèvres et ne sont pas agressifs si on les approche doucement et qu’on leur laisse le temps de nous sentir.

Après être descendus au nord du col d’Orgeval, le soleil est sorti des nuages et commence à bien taper quand on remonte au pied d’une falaise, en direction du pas de l’Ours, où on s’arrête manger des tartines faites avec le pain de 3kg qu’on avait récupéré la veille à Ecole.

On repart ensuite en direction de la Combe d’Ire, au fond de laquelle on doit descendre avant de remonter pour aller à notre refuge.

Vers le fond de la combe, Hélène se tord la cheville en marchant, au point que sa malléole touche le sol. Pourtant elle ne se fait pas d’entorse. Ils ont la chance d’avoir des chevilles fines et flexibles dans la famille de Juliette. Si ça m’était arrivé, j’aurais dû abandonner c’est sûr.
En arrivant au fond de la combe, on prend le temps de nous rafraîchir dans la rivière. Mon épaule ne me fait pas mal donc je propose à Juliette de prendre son sac pour la montée. La baignade dans la rivière a fait beaucoup de bien. On est tous frais et à l’ombre des arbres pour commencer les 600 m de dénivelé qu’il nous reste dans la journée.
Régulièrement, on se retourne pour regarder la pointe de Chaurionde, qui nous paraît de plus en plus petite. On commence à avoir très faim donc chacun dit ce qu’il rêverait de manger : une pizza, des fruits, des crêpes. Pour Olivier c’est moins extravagant : il aimerait des pommes de terre à l’eau. Il a dû avoir une enfance difficile.
Tout se passe bien jusqu’à ce qu’on arrive proche du point culminant de la journée. En traversant les alpages, on se fait assaillir par les taons. On s’était déjà bien fait piquer jusque-là, mais pas à ce point. Ça nous met un coup de boost pour arriver plus vite. On arrive à 19h au refuge de la Combe, soulagés de le voir enfin.

Quand on dit aux gardiens du refuge qu’on vient du Drizon, ils nous disent qu’on est fous d’avoir fait toute cette distance. Je sens une certaine fierté du groupe d’avoir relevé ce challenge, et ce commentaire des bergers vient couronner la performance. Surtout pour Hélène, car il faut l’avouer : quand je disais que c’était une grosse journée pour certains du groupe, je pensais surtout à elle.
Le refuge est un peu moins authentique que la veille : la traite des chèvres est mécanique, on peut commander des bières et il y a une douche. Mais il est très joli, et ce confort est vraiment bienvenu après cette dure journée de marche. La cerise sur le gâteau c’est le menu du soir : diots et pommes de terre à l’eau. Olivier est aux anges.
Il y a même une table de ping-pong sur laquelle on joue avec Titouan. Ça tourne vite à la correction, il me bat deux sets à zéro. Lui qui avait marqué des points, en faisant la vaisselle la veille et l’Ice Tea pour Diane ce matin, les perd aussitôt.
Lou-Anne est cuite, elle part se coucher la première. On ne tarde pas à la suivre.
Jour 4 : Du refuge de la Combe à Annecy
16,3 km / 490 m D+ / 1600 m D–
Après avoir pris le petit déjeuner au refuge, on part à 8h30. Je dis au groupe qu’on doit être à 16h à Duingt pour prendre le bus pour Annecy. A la descente, on profite de la vue sur le lac, surtout au niveau du passage où le chemin a été taillé dans la falaise.

On enchaine les mètres de dénivelé négatif et ça se fait ressentir. Titouan est le premier à souffrir du genou, et Louis l’accompagne juste après. Ils serrent les dents jusqu’au hameau de Saury au-dessus de Lathuile, où Diane, Titouan et Louis décident de continuer en direction du lac pour faire le moins de dénivelé possible avant Duingt, et si possible du stop.
Louis dit que s’il arrive à Duingt plus tôt que nous, il prendra le bus pour Annecy et rentrera avant. Je dois donc lui avouer l’ultime surprise avant les autres. Je le prends en aparté, soi-disant pour lui montrer quelque chose sur la carte et je lui avoue qu’il est prévu que nous rentrions en ski nautique, entre Duingt et Annecy. Il est tout de suite plus motivé pour nous attendre ! Par contre, je ne lui ai montré aucune carte alors qu’on discutait, ce qui éveille les soupçons d’Hélène qui nous a regardé discuter.
Avec le groupe qui continue la randonnée prévue, on part dans la forêt pour remonter sur le chaînon du Taillefer, qui va jusqu’à Duingt. On passe dans quelques hameaux d’Entrevernes avant de retourner sur le chemin qui longe la crète.

Les quelques petites montées font mal au moral. C’est souvent les derniers kilomètres qui sont les plus durs mentalement, quand on fait une randonnée sur plusieurs jours, et ça se confirme avec celle-là. En plus il fait plus chaud, maintenant qu’on est redescendus. Le moment le plus critique, c’est quand on croise un premier panneau qui annonce Duingt à 1h, et le suivant, quelques centaines de mètres plus loin, qui dit 1h10. On commence à être justes pour « le bus ». On a peu de temps pour profiter de la vue du lac depuis la crète. On prend quand même le temps de prendre une photo quand on passe devant la carrière dont Olivier a participé à la fermeture, quand il a commencé à travailler.

Tout le monde est stressé à cause du bus. Lou-Anne carbure aujourd’hui, elle qui était bien fatiguée la veille. Elle est partie loin devant. Elle arrive vers 16h à Duingt mais on est encore à 20 minutes derrière. Je ferme la marche après ma mère, qui va doucement avec sa cheville et son genou à peine remis.

Ce serait dommage que quelqu’un se fasse mal en se dépêchant. La réservation des bateaux commence à 16h30 alors j’essaye de les rassurer : « en fait le bus ne part qu’à 16h15 », puis un peu plus tard : « ah non c’est 16h28 ». Ça sent le mytho mais personne ne relève.
On arrive tous à Duingt à 16h25. Je peux alors annoncer ce que c’est pour de vrai, « le bus ». Louis a repéré d’où partent les bateaux ce qui nous fait gagner de précieuses minutes. Ma petite sœur Line et une copine nous ont rejoint à Duingt pour le wake. Quand on arrive sur le ponton, le moniteur fait des grands yeux quand il voit nos sacs de randonnée. Je luis avais dit qu’on aurait des gros sacs mais il ne pensait pas à ce point. Quand on enlève nos chaussures, la marque de poussière sur nos chevilles au-dessus des chaussettes est bien nette, je ne préfère pas voir la réaction du moniteur. On se répartit vite dans les deux bateaux.
Le moment est top, en wakeboard, au milieu du lac, avec la pointe de Chaurionde qui est maintenant très très loin. Elie doit écourter son passage parce qu’il a mal au genou. Il a beaucoup donné. C’était un peu le frère costaud à qui on refilait les trucs lourd à porter. Juliette en profite pour refaire un tour. Physiquement, on est tous au bout du rouleau.

Les bateaux nous posent sur le quai de la tournette. A peine arrivés, Elie, Louis, Hélène et Olivier nous disent vite au revoir et partent prendre le train qui part dans 15 minutes. On reste une heure à Annecy avec ma famille avant de prendre le dernier TER de la journée pour Grenoble.
Cette randonnée j’espère qu’on s’en souviendra longtemps. En tout cas, ça a l’air d’avoir beaucoup plu à tout le monde.
Infos pratiques
Transport
A l’aller, on a pris le train Grenoble – Chambéry, puis le bus jusqu’aux Déserts chef-lieu, avec la ligne synchro montagne. https://synchro.grandchambery.fr/synchro-montagne/
Comme dit dans le récit, si c’était à refaire, on s’arrêterait au col de Plainpalais pour passer par le golet de l’Agneau.
Au retour, on a pris le train Annecy – Grenoble.
Eau
Consulter https://www.refuges.info/ quelques jours avant de partir. Les randonneurs contribuent régulièrement, c’est bien de faire de même. La plupart du temps l’eau est potable. Dans le doute on peut s’équiper d’une gourde avec filtre, mais c’est un peu superflu s’il ne fait pas sec au point de devoir boire de l’eau qui stagne.
Hébergements
J’ai réservé entre 2 et 3 mois à l’avance
Soir 1 : Auberge d’Aillons et d’Ailleurs, que j’ai réservé initialement parce qu’il n’y avait plus de place au gîte des Landagnes même longtemps à l’avance. Mais si c’était à refaire on y retournerait.
Soir 2 : Chalet du Drizon, numéro du berger sur https://www.refuges.info/
Soir 3 : Refuge de la combe, réservation sur leur site ou par téléphone
